la très grande lettre

Où j'ai cessé de boire définitivement

C’est aujourd’hui le 30 août 2015. Des quelques lignes que je transcris ci-dessous et qui ont été écrites en février 2011 et aux alentours de ce mois, je crois que c’est ce qu’il y a de plus notable, le fait que je cesse de consommer de l’alcool.
Je ne pouvais le prévoir à l’époque, mais cette fois fut la bonne, je n’ai bu aucun alcool depuis ce 16 février 2011. Treize mois plus tard, en mars 2012, c’est l’habitude du tabac qui subissait le même sort et à laquelle je mettais fin.
J’avais peu de mérite. Dans les deux cas, je me devais de faire cela après plus d’une quarantaine d’années de consommation.
Mon psychologue, G. est en deuil de son épouse L, décédée d’un cancer. En raison de cela, nos rencontres sont annulées pour un bon moment. Je m’en porte fort bien. J’avais déjà décidé avant que cela ne survienne de le rencontrer moins souvent, une fois aux deux mois au lieu d’une fois tous les mois.
Au cours des quelques mois à venir, j’espère revenir à ces pages un peu plus fréquemment, et éventuellement recevoir quelques avis de gens qui auront lu ces lignes. Mais je sais que ce que je transcris encore ces temps-ci a été écrit d’une écriture laborieuse. Je sais que ce sera beaucoup plus coulant un certain moment.
Mais moi, en tous les cas, chaque fois que je retranscris quelque chose ici, c’est comme si cela m’imprégnais d’une douce énergie positive. Il faut dire que cela s’ajoute à d’autres actions qui me sont bénéfiques, la méditation, la lecture, les conversations amicales, etc.
Sans plus tarder, je copie ici ce que je viens de corriger.

Le mardi 25 janv. 11

Et non, comme d’habitude, je ne suis pas revenu à l’ordinateur au cours de la journée hier. J’ai préparé du sucre à la crème pour L. que je visiterai demain midi et j’ai fait du ménage dans l’appartement.
Aujourd’hui, je travaillerai chez madame E. et je ferai quelques commissions avant de revenir ici.

Le lundi 31 janvier 2011

Il est 5h . Je me sens disposé à écrire au moins pendant un certain temps. C’est cela vraiment, écrire lorsque tout s’y prête. Et cette disposition à l’écriture est renforcée ce matin par une espèce d’heure de tombée que constitue l’envoi mensuel de ces écritures à mon psychologue, G.
Que dire ? Prendre ce qui vient.. Commencer par narrer le quotidien. Depuis quelques semaines, je corresponds avec H. Il écrit ses lettres sur son ordinateur personnel et T. les transfère dans le sien pour me les faire parvenir sous forme de document
Alors que j’en étais à écrire les derniers mots du précédent paragraphe, ce matin, le clavier a déraillé écrivant des q quand je tapais un a et d’autres choses. Dans ce temps là, il suffit d’éteindre l’ordinateur et de le repartir. J’ai décidé de l’éteindre pour un temps ce matin, et ce n’est que maintenant, alors qu’il est 21hs, que je reviens à ces écritures.
C. est venue jaser à deux reprises ce matin, longtemps chaque fois, puis une autre fois pendant que je soupais ce soir. Je me suis coupé les ongles des pieds et des mains puis j’ai passé l’aspirateur dans l’appartement. J’ai fait un petit ménage de la cuisine. Je me suis brossé les dents longuement en passant la soie dentaire. Je me suis fait une sandwiche et une soupe aux tomates Aylmer pour le diner. Puis je suis allé pour mon injection au CLSC. J’ai dormi au retour. J’ai mangé un plat préparé par T. pour le souper. Demain, j’irai chez madame E.

Le mardi premier février 2011

Le temps de quelques lignes, ce matin, il est 5h55. Céline m’a visité très tôt ce matin. À 7h, elle ira chez le dépanneur du coin payer son compte et acheter certaines choses. Elle me paiera les $90.00 qu’elle me doit et A. me paiera jeudi les $70.00 qu’elle me doit. Cela a monté haut ce mois ci parce que à ma banque, ce qui rentre le lundi rentre le samedi. C’est-à-dire que j’ai reçu la paye de la Régie des rentes samedi dernier et je leur ai prêté de l’argent à toutes deux. Pour ma part, cette nuit, sont entrés dans mon compte la paye régulière de l’aide sociale et le retour d’une partie de ce qui est retenu au début du mois, Après le paiement du loyer, de l’assurance-vie, du dépôt au REER et au compte d’épargne, il me restera $40.00. Je déposerai un peu aujourd’hui, et ce soir, je ferai un paiement à la carte de crédit.
J’écrirai plus longuement là-dessus peut-être un jour, mais depuis hier que je veux le mentionner, je le fais à toutes vitesse ce matin en étant tout à fait bien face à cette situation mais n’ayant tout de même pas le temps de réfléchir au vocabulaire qui conviendrait.
Voici ce qui en est. Dans l’autobus, au retour de la prise de sang à l’hôpital de Hull, il y a deux jeudis, un tout jeune homme a flirté avec moi. Un jeune homme vraiment jeune, peut-être 21 ou 22 ans, un jeune étudiant qui tenait un exemplaire de Phèdre de Racine à la main. En descendant, j’ai bien cru que c’en était terminé.
Mais après, dès ce jeudi et jusqu’à dimanche dernier, j’ai vécu quelque chose d’un peu mystique avec lui. Je peux écrire dans la même veine que ce qui s’était produit avec le gars du IGA et avec un jeune homme qui s’appelait François par la suite. Je peux écrire dans la même veine, mais je n’ai jamais écrit là-dessus. C’est un échange d’énergie entre cette personne et moi, voire, ce que j’ai pensé lors de ces expériences, une démonstration d’une partie de notre transcendance. Sans le voir, mais le ressentant, ressentant sa présence.
En tous les cas, il y en aurait long à écrire là-dessus, tout se bouscule sous mes doigts. Je dois préciser qu’au début avec ce jeune homme, je m’étais dit et j’ai comme l’impression de l’avoir signifié à son double ici que si nous n’avions pas affaire à nous rencontrer concrètement de nouveau dans un avenir très rapproché, cette situation devrait prendre fin. Et c’est ce qui s’est produit dimanche dernier. Il a cessé de venir. J’ai cessé de ressentir sa présence de temps à autres durant la journée. Car, je sais que ca mérite explications, je n’ai pas le temps ce matin, et il faut expédier les écritures à mon psychologue, car, dis-je, cette fois ci, les visites étaient décidés par lui. Et en pensant à la transcendance, je pensais que pendant que je le ressentais ici, il me ressentait chez lui.
Disons que tout le temps que ceci a duré, je n’ai fait aucun rêve durant mon sommeil. Je sais que l’on peut qualifier cette expérience de rêve éveillé.
On peut dire que j’ai vécu une passion brève qui me laisse tout à fait correct. Et, ca ne prouve rien cela non plus, mais c’était intéressant pour moi, j’avais été inspiré d’une séquence de 10 chiffres pour la Banco. Jeudi de la semaine dernière avec cette séquence, j’avais obtenu un numéro de l’extra qui se terminait par trois. Et ce soir là, j’ai obtenu le 6 sur 10, soit $5.00 plus le 3 à l’extra, soit $2.00, ce qui m’a procuré $7.00 pour manger un peu alors que monsieur D. était près de son épouse. J’ai repris la même séquence ces derniers jours et je la renouvelle encore. Cette fois l’extra a le chiffre 7 au début et le chiffre 7 à la fin. Ce qui, dans mon symbolisme personnel, signifie que cette relation a débuté par 7 et se termine par 7, 7 étant très relié aux étapes de la conscience. De 7 en 7, il y a 7 étapes à la conscience, etc. Cela aussi exige élaboration.

Le dimanche 13 févr. 11

Que de temps depuis la dernière séance d’écritures. Nous sommes dimanche. Il est 6h30. Je me suis réveillé à 5h10. J’ai bu deux cafés. J’ai fait une prière brève que je compléterai au cours de l’avant-midi. J’ai suspendu l’affiche demandant à ne pas déranger à ma poignée de porte.
J’ai du travail à faire à l’ordinateur. Tout d’abord un certain bout dans ce journal, puis des courriels que je dois écrire depuis des semaines, à mon ancienne intervenante, K. à D., qui vit maintenant au Maroc, puis à mes sœurs M.et L. et à d’autres également. Puis j’ai quelques sondages à faire aussi.
Hier matin, j’ai conduit N. D. de l’hôpital de Hull à la Cité du jardin ou elle vivra les deux premières semaines de sa convalescence suite au remplacement d’un genou. Hier, j’ai quitté l’appartement à 9h30 pour y revenir à midi. Au retour, j’ai mangé, j’ai dormi, puis j’ai quitté de nouveau pour me rendre chez Mado, souper et faire une petite épicerie.
Vendredi après-midi, j’ai conduit madame E. et une amie qui se trouve à être la mère de l’épouse du fils de madame E., A. je les ai conduites, dis-je, à Ottawa pour voir les sculptures de glace exposées au parc de la confédération dans le cadre de Bal de Neige. Je suis revenu ici à 18h.
Puis mercredi matin, c’était madame D. que je ramenais de l’hôpital où elle avait séjourné une dizaine de jours suite au remplacement de sa hanche. J’ai revu madame D., hier. Elle va très bien.
Enfin, mardi, j’ai travaillé chez madame E.

Le mardi 15 février 2011

J’ai le temps d’écrire quelques lignes ce matin. Il est 5h45. J’ai rendez-vous avec le docteur G. à 10h. Hier, j’ai inscrit deux heures et demie de travail chez madame E. Je retournerai chez elle jeudi pour la conduire chez le médecin qui l’a opérée à l’œil droit.
Alors que je cherchais des tablettes de chocolat noir pour madame E., hier, au Giant Tiger, une amie de madame P. , A. je crois , que je n’avais pas rencontré depuis les funérailles, m’a abordé pour me signifier qu’elle aurait besoin d’un conducteur de temps à autres. Elle m’a dit qu’elle avait recours aux services du groupe Accès mais qu’elle n’appréciait pas leur service. Elle m’a demandé mon tarif et je lui ai dit que c’était $25.00 peu importe la durée de la promenade ou de l’attente. Je lui ai donné mon numéro de téléphone, et elle devrait téléphoner de temps à autres. Je n’avais pas vraiment besoin d’une autre cliente, mais, peut-être qu’elle renflouera mon porte-monnaie de temps à autres.
Toujours est-il, il y a un rêve qui date de plus d’une semaine, un rêve que je promène dans ma mémoire. Le scénario est simple. Je suis dans un genre de cafétéria dans laquelle nous sommes assis au lieu d’être debout pour circuler le long du comptoir avec notre plateau. Dans le rêve, j’avais deux repas à apporter. J’avais décidé que j’amènerais celui de l’autre personne (qui était peut-être ma mère) d’abord et que je repasserais une autre fois ensuite pour ramasser le mien. L’idée était que je savais que le temps que je passerais devant le comptoir avec le plateau, je me sentirais coincé, étouffé, ayant beaucoup de difficulté à bouger, bref, je me sentirais comme temporairement en prison.
Et ce qu’il y a de notable avec cette sensation d’étouffement, c’est que je la ressentais au réveil et que je l’ai ressenti au cours de la journée qui a suivi ce rêve. Et que c’est le fait de me rappeler et de me raconter une anecdote de mon passé comme journaliste à Rockland qui l’a fait disparaître.
Je ne crois pas ou du moins je ne sais pas si l’anecdote a de l’importance en tant que telle ou s’il s’agissait simplement de me raconter un peu. Toujours est-il, je me remémorais l’hôtel King Georges de Rockland ou je suis allé quelque fois en compagnie de mon compagnon de travail d’alors, R. boire une bière après le montage du journal le lundi soir. Et je me souvenais que dès que nous avions terminé de fabriquer une édition du journal, il fallait, dès le lendemain matin, s’attaquer à la préparation de l’édition suivante. Il n’y avait guère de temps d’arrêt.
Ce que j’en avais conclu la semaine dernière lorsque j’ai remarqué que la sensation de coinçage héritée du rêve disparaissait en me narrant intérieurement une épisode du passé, c’est que j’avais besoin d’écrire, que ce soit au sujet de mon présent ou de mon passé. Mais au cours des quelques dernières semaines, je n’avais vraiment pas l’esprit à l’écriture.
J’ai peu écrit ce matin, mais cela a bien été. Je reviendrai sous peu, j’espère.

Le samedi 19 février 2011

Il est maintenant 6h15. J’ai terminé les prières du matin, il y a plus de 30 minutes. J’accorde un peu de temps à l’écriture toujours dans l’espérance que cette action devienne plus régulière.
Je prévoyais que cela se produirait incessamment. Ce fut par manque de ressources, mais je l’aurais fait de toute façon. Je veux parler du fait que j’ai de nouveau cessé de consommer de l’alcool. Ceci a débuté le 16 février. C’est-à-dire que j’ai bu la grosse bière habituelle le 15 en soirée et qu’à partir de là, j’ai cessé. Et cela a exigé très peu d’efforts car j’ai eu l’impression d’en ressentir les effets positifs dès le premier soir.
L’an dernier, j’avais fait abstinence totale à partir du début du mois d’avril jusqu’en septembre. J’avais recommencé par une bière de temps à autres en septembre et quelques semaines plus tard, c’était redevenu une activité quotidienne.